En février-mars 2009 s’est déroulée la 5ème mission de l’association Déka-éwé au Togo. La forme que prenaient ces départs a évolué au fil du temps, passant d’une organisation en chantiers à un groupe plus restreint, qui se rend sur place pour effectuer un travail bien précis en un temps plus court. La dernière mission de l’association Déka-éwé au Togo remontait au mois de septembre 2007. Il devenait ainsi évident qu’une nouvelle mission devait être organisée au cours de l’année scolaire 2008-2009, et ceci pour plusieurs raisons.

Tout d’abord, l’équipe ayant été profondément modifiée du côté français, il paraissait important, pour maintenir un lien avec nos partenaires NEJ, de passer à nouveau un peu de temps ensemble, d’échanger sur nos projets, et d’apprendre à se connaître. De plus, l’association NEJ avait également connu l’adhésion de nouveaux membres, et beaucoup se décourageaient progressivement, voyant qu’aucune réalisation « concrète » n’était faite depuis un an, puisque le projet était entré dans une phase de suivi. La venue d’une équipe de Déka-Ewé allait donc renouer le contact et relancer une dynamique.

Parallèlement, les projets ont beaucoup évolué depuis l’année 2007, et en 2008, les deux associations partenaires sont entrées dans un nouveau cycle, se sont engagées vers de nouveaux projets.

Enfin, et ce n’est pas négligeable, l’association se situait à un carrefour car tous les « anciens » membres étaient sur le point de partir, et l’on ne pouvait envisager la formation d’un nouveau bureau dont aucun membre ne serait parti au Togo. En effet, et cela paraît essentiel, il est impossible de s’impliquer pleinement dans un projet de coopération internationale sans pouvoir mettre d’images ou de réalités sur les mots, les noms et les projets qui sont évoqués.

Pour toutes ces raisons, le bureau de l’association a décidé au mois de novembre 2008 d’organiser une mission pour février 2009. Toutes les personnes qui se sont portées volontaires pour partir ont été retenues, dans un souci de pérenniser véritablement l’association, à savoir : Marion, Margaux, Violayne, Cyrielle, Marine, Louise, Julien.

Le groupe était donc assez conséquent, mais un planning précis a été rédigé, et il a été décidé que les 7 Français se sépareraient souvent en deux groupes accompagnés de Togolais, afin d’optimiser les 15 jours et d’être le plus efficaces possible une fois sur place.

Ativémé

Ativémé était le projet central de cette mission 2009. Nous avions déjà effectué au préalable une étude du terrain pendant une année, avec NEJ, au cours de laquelle nous avions tâté le terrain et nous avions fait faire des devis pour avoir une idée du prix des trois salles de classe. Nous sommes arrivés au village plein d’espoirs car NEJ nous avait informés que les villageois étaient très motivés, et nous savions d’ailleurs qu’ils avaient réalisé le premier bâtiment de l’école par eux-mêmes. Nos espoirs ne furent pas déçus, et nous avons trouvé des gens prêts à s’engager dans ce projet, à le porter pleinement, et à le mener à bout en offrant leur travail manuel bénévolement.

Nous avons passé la plupart des 10 jours à Bolou dans le village d’Ativémé qui nous accueillait, et la principale difficulté que nous avons rencontrée fut de leur expliquer que la construction n’allait pas commencer immédiatement. En effet, leur motivation était telle, qu’ils pensaient réaliser l’école dans les mois à venir. Avec l’aide des Togolais nous leur avons donc expliqué que nous n’avions pas encore pu récolter tout l’argent nécessaire, mais que nous y travaillions, et qu’à notre retour en France nous nous concentrerions sur ce but. L’enjeu était de ne pas les décevoir en leur donnant l’impression de leur avoir fait miroiter quelque chose de faux, tout en ne les leurrant pas, et en restant réaliste, car la construction ne pourra effectivement pas commencer avant l’été 2010 au mieux. Il semblerait que nous ayons à peu près réussi cet objectif, même s’il reste certain que les villageois attendent aujourd’hui beaucoup de nous et qu’une très longue attente risquerait de les décevoir, voire de les décourager. C’est pourquoi NEJ est aujourd’hui chargée de se rendre très régulièrement sur place pour leur donner des nouvelles et entretenir le contact, et c’est également dans cette optique de maintenir le lien que nous nous sommes engagés à créer un partenariat entre l’école d’Ativémé et une école primaire de Bordeaux.

L’autre difficulté qui s’impose aujourd’hui à nous sera de maintenir également un bon rapport avec l’entrepreneur que nous avons contacté. Nous avons signé un accord de principe avec lui, et nous lui avons expliqué que cet accord ne nous engageait pas définitivement, ce qui l’a un peu dérangé. Cependant, il a accepté de signer cet accord et nous avons donc projeté de nous recontacter l’an prochain pour faire un nouveau devis, peut être définitif. Il est aujourd’hui essentiel de prendre des précautions, pour ne pas qu’il nous propose des prix plus élevés que le marché l’an prochain, mais il est également nécessaire de lui montrer qu’il peut avoir confiance en nous et que nous ne lui promettrons rien qui ne tienne.

Le bilan de notre temps passé à Ativémé est donc très positif : nous y avons rencontré l’entrepreneur, qui a surtout beaucoup discuté avec les villageois, ce qui était essentiel puisque nous ne voulions pas leur imposer un maître d’ouvrage. Ils se sont mis d’accord sur la participation villageoise, et nous nous sommes bien gardés d’intervenir, pour éviter les problèmes qui avaient eu lieu lors de la rémunération des maçons à Agbadomé.

Aujourd’hui, il semble que la construction de l’école devrait bien se dérouler car nous avons noué des liens de confiance avec les acteurs locaux, mais nous devons rester concentrés sur l’objectif de levée des fonds car sans les 15 000 euros qui nous manquent rien ne sera possible !

Agbadomé

Nous nous sommes également rendus à plusieurs reprises dans le village d’Agbadomé, car bien que nous n’y logions pas, il était essentiel de régler les problèmes qui s’y posaient depuis maintenant un peu plus de deux ans.

L’enjeu de notre venue était principalement le règlement du problème des latrines, que nous pensions pouvoir enfin réparer en faisant voir aux villageois l’intérêt qu’ils pourraient trouver à s’engager dans ces réparations. Cependant il n’en a pas été ainsi, et face au directeur qui lui-même prévoyait leur effondrement prochain, nous avons fait faire deux expertises, dont une lorsque nous étions encore sur place. Le résultat fut que les latrines étaient sur le point de s’effondrer et qu’il n’y avait pas de travaux possibles pour les réparer, seule la destruction était envisageable. Ce fut alors difficile pour nous tous de regarder le problème enfin en face, mais nous avons pris la décision, à la grande majorité, de détruire ces latrines, pour la sécurité des enfants, et de ne pas en reconstruire d’autres, face au manque d’appropriation du projet par les villageois.

Gatigblé

Concernant Gatigblé, nous nous y rendions dans la perspective de financer une deuxième série de matériel agricole, la première ayant été financée au mois d’août-septembre 2008. Nous nous étions beaucoup renseignés au préalable sur les motopompes, ainsi que sur le type de terrain qu’elle nécessite. Nous souhaitions, de plus, constater l’état du matériel déjà financé, afin d’appuyer notre décision.

Nous avons mené, une fois sur place, plusieurs réunions avec le groupement Agbenyo, au cours desquelles nous avons réalisé qu’ils n’avaient plus vraiment le même objectif qu’auparavant et que nos objectifs ne coïncidaient ainsi plus vraiment. Nous avons également constaté que le champ dans lequel ils projetaient d’installer la motopompe ne correspondait pas à une telle entreprise. Il a alors été assez difficile de faire comprendre au groupement que nous renoncions pour le moment au financement d’une motopompe, car M. Abotchi y était particulièrement attaché et le groupement vivait dans l’espoir de l’acquisition de cet outil. Cependant nous avons bien insisté sur le fait que nous ne nous détournions pas du groupement, et que leur objectif d’entraide entre agriculteurs était tout aussi louable qu’un autre, mais que nous préférions pour le moment les aider par une mise en relation avec d’autres associations, ou par des conseils sur leurs comptes ou le choix de leurs champs, au travers de personnes qualifiées.

La décision autour du groupement d’Agbenyo a beaucoup divisé nos deux associations NEJ et Déka-éwé et aucune décision définitive n’a été prise à ce jour, puisqu’il a été décidé d’attendre la saison des pluies pour faire un nouveau diagnostic de l’état de leurs champs et de des bénéfices reversés aux enfants orphelins. Il convient donc pour nous d’attendre encore, et de se concentrer pour le moment sur le projet d’Ativémé afin de réunir le plus rapidement possible la somme nécessaire à la construction de l’école.